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Pour cette troisième journée sur le GR 70, j'ai prévu une belle étape : 24 kilomètres et pas mal de dénivelés. Il va de soi que j'appréhende. Je pars tôt et dès 8 heures, je traverse Chasseradès, sac au dos. A la sortie du hameau, je découvre Mirandol et son très beau viaduc. Nous sommes une poignée de randonneuses à admirer l'ouvrage, prendre quelques photos, puis repartir suivant nos rythmes respectifs.

Bien vite, je dois m'arrêter car j'ai une douleur à la cheville qui m'empêche de marcher. Je me vois déjà chercher un médecin et un transport au milieu de nulle part, contrainte de m'arrêter. Seulement, la douleur est liée à l'appui sur la malléole. Je me décide à découper le haut de ma chaussure (toujours avoir des ciseaux à ongles sur soi) et cela me libère instantanément de la douleur. Je peux donc continuer.

Après avoir pris de la hauteur, je pénètre dans la forêt domaniale du Goulet. Comme dans toutes les forêts ici, la nature est présente, touffue et colorée. C'est vraiment très agréable. J'y pique-nique tranquillement, non loin d'une piste de crête qui répond au doux nom de "draille des Mulets".

Une fois sortie de la forêt, je redescend doucement dans une vallée qui abrite le village du Bleymard. J'y remplis mes gourdes, satisfaite à l'idée qu'il ne me reste plus que quelques kilomètres à parcourir jusqu'à ma destination. Seulement, j'oublie la règle selon laquelle les derniers kilomètres sont toujours bien plus difficiles que les précédents.

Je monte, d'un pas vaillant et volontaire. Je continue à monter, me disant que je vais bientôt voir apparaître le mont Lozère. Sauf que ça continue à monter, puis monter encore, sans que jamais je n'en voie la fin. Je prends en pleine tête la subjectivité des distances. Je suis soulagée quand la forêt s'efface, le sentier s'aplanit, et qu'en face, j'aperçoit le Mont Lozère et le lieu où je vais passer la nuit.

Ce soir, je suis dans un hôtel, je me retrouve donc assez seule, notamment à table. Cela ne m'empêche pas de profiter du repos pour mes pieds et d'un apéritif à base de vin de myrtille, pas mal du tout. Mais je vais me coucher tôt, car demain, ça grimpe.