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Avec cette quatrième étape sur le GR 70, je quitte le Gévaudan. Le mont Lozère marque la frontière des Cévennes et, au-delà du franchissement d'une frontière, la nature change du tout au tout. La météo sur la suite du parcours deviendra, peu à peu, beaucoup plus méditerranéenne. Je quitte donc mon hébergement, entourée de randonneureuses qui, comme d'habitude, vont plus vite que moi. J'entre officiellement dans le parc naturel des Cévennes, entourée d'une végétation plus rase et de pierres qui affleurent.

Pour la première fois de mon périple, mon topoguide ainsi que les panneaux invitent à la vigilance. En effet, le GR fait monter au sommet de Finiels et il est fortement déconseillé d'y aller par temps de brouillard ou neigeux.

Et on comprends pourquoi : la lande dénudée n'offre que peu de points de repères, le marquage du sentier est discret et ce sommet est battu par des vents continus. Il est donc facile de s'y perdre et d'y mourir de froid, puisqu'au sommet, la température ne dépasse jamais une vingtaine de degrés et peut sombrer en hiver très loin dans le négatif.

Ce jour-là, le ciel est d'un bleu magnifique. Il est vrai que c'est venteux, mais cela reste supportable. Et surtout, la vue du sommet à 360° est à couper le souffle. Cela restera sans doute le plus beau panorama de toute la randonnée et pour cause : on devine au loin le début de la chaîne des Alpes, les gorges du Tarn, mais aussi là où j'ai commencé ma randonnée. Fabuleux.

Une fois la boîte à souvenirs bien remplie, il est temps de redescendre. Pour cela, je randonne tranquillement dans la forêt domaniale du mont Lozère. Le sentier est caillouteux, mais le parcours, très agréable.

A la sortie de la forêt, deuxième choc pour les yeux : la vallée que je découvre alors est majestueuse. J'ai l'impression de randonner au milieu d'une carte postale. Par contre, le soleil tape durement. Les rares zones d'ombre sont utilisées par les randonnereuses pour boire ou se tartiner de crème solaire. Les derniers kilomètres vers Pont-de-Montvert, une descente dans la caillasse, sont ardus, mais un regard sur le paysage suffit à faire oublier les pieds douloureux.

J'arrive donc à Pont-de-Montvert, très joli bourg qui sent bon les vacances : les maisons de vieilles pierres sont très mignonnes, et nombreuses sont les personnes qui se baignent dans le Tarn. Au-delà de la carte postale, c'est aussi un village d'Histoire, puisque c'est de là que partit le soulèvement des Camisards, le 24 juillet 1702.