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Cette cinquième étape promet d'être costaude, avec près de 30 km de marche de Pont-de-Montvert jusqu'à Florac. Je pars donc de bon matin et monte sur les hauteurs de Pont-de-Montvert, ce qui me permet à la fois de profiter de la fraîcheur et de la belle lumière qui éclaire la vallée. Je suis ensuite un sentier qui offre une vue dégagée sur les montagnes alentours et c'est très chouette.

Je ne peux cependant pas m'empêcher de m'inquiéter à l'idée de cette étape. Elle me parait vraiment ardue et, surtout, si je n'arrive pas au bout, je n'ai pas vraiment de solution de repli (pas d'étape intermédiaire, et peu de croisement avec des routes me permettant de faire du stop). Néanmoins, j'avance.

Et d'un coup, la solution s'offre à moi en la présence d'un panneau indicateur. Je savais qu'il était possible de couper plein sud, mais je n'avais pas de carte. Je découvre que le GR 72 suit cet itinéraire et, au lieu de bifurquer vers Florac, va directement à Cassagnas, où il retrouve le GR 70. Donc : il y a moins de kilomètres, je retrouve mon parcours et je mets de côté les inquiétudes quant à ma capacitié physique. Au col de la Planette, où les différents GR se séparent, je poursuit donc sur le GR 72. A compter de ce moment-là (il est environ 11h), je ne rencontrerai plus personne jusqu'à ma nouvelle destination.

Je me retrouve donc seule à traverser une forêt vrombissante de multiples insectes, des sous-bois très agréables et surtout un sentier à flanc de montagne, tantôt au milieu d'une végétation rase, tantôt sur un muret au milieu de fougères presque aussi grandes que moi (le bâton s'est révélé fort utile pour tâter - au sens propre ! - le terrain). Je ne sais pas à quoi ressemble le sentier vers Florac, mais celui-ci est particulièrement saisissant.

J'arrive à Cassagnas où je loge dans l'ancienne gare et où je retrouve des personnes que j'avais croisées à La Bastide. Nous mangeons toutes ensemble et partageons nos anecdotes et dernières étapes (j'ai bien fait de ne pas aller jusqu'à Florac, étape vue comme la plus difficile du parcours). Comme quoi, il faut parfois écouter ses pieds.