Modifier

J'avais décidé de faire cette randonnée dans les Cévennes en solitaire. J'y ai trouvé beaucoup de choses positives : le fait d'aller à mon rythme, de ne pas m'aligner sur les autres, de réfléchir, penser, en me nourissant des beaux paysages qui m'entouraient.

Par contre, la soirée passée à la gare de Cassagnas m'a fait vivre une autre sorte de solitude : celle d'un soir de match de foot de coupe du monde (alors que je déteste ça), sans aucun réseau (alors que je suis un peu dépendante à Mastodon) et sans autre livre à lire qu'un roman sentimental en allemand et des revues comme Le nouveau détective. Heureusement que j'avais des morceaux de Leprous à écouter pour essayer de sombrer dans le sommeil malgré les hurlements des spectateurices du match.

Le matin, je tente une technique dite de la "double-chaussette" pour protéger mes pieds décidemment très abîmés. Ca diminue la douleur mais augmente la chaleur, une sorte de Charybde et Scylla de la plante des pieds...

Je commence par une route forestière fort agréable, même si elle ne permet pas de voir le paysage. Je monte doucement, un randonneur, seul lui aussi, me rejoint et nous décidons de marcher de concert. Avec un avantage indéniable : il est plus rapide que moi et on se cale sur un rythme de marche plus rapide que le mien. Les kilomètres s'enchaînent au rythme des discussions très sympathiques.

C'est super, mais je ne prends pas le temps de faire des photos (ou je n'ose pas le prendre ?). Bref, les photos de cette journée seront rares et, encore une fois, le fait que je me cale systématiquement sur les envies des autres quand je ne suis pas seule me fait cogiter.

En début d'après-midi, j'arrive à Saint-Germain-de-Calberte, l'autre randonneur étant arrivé avant moi à son hébergement. C'est un charmant village, où je croise à nouveau le groupe rencontré à la Bastide. Je rejoins en sandale (la double chaussette a ses lmites) mon hébergement, qui restera le plus fabuleux de tout mon séjour. Tenue par Anne et Stephane, la ferme de Lancizolle est un lieu paradisiaque, où on peut s'allonger dans un hamac au bord de l'eau, construire une maison de fée et dormir dans une cabane dans un chataîgnier. J'ai été accueillie comme une amie par deux personnes amoureuses des Cévennes. J'ai regretté de ne pas pouvoir y rester plus longtemps, mais je reviendrai, je pense.